Alice Mann

1991, Afrique du Sud
Nominé·e - Prix Elysée 2022-2024

Alice Mann (née en 1991) est une artiste photographe sud-africaine dont les portraits intimes explorent les notions de création d’images comme un acte de collaboration. Elle chercher à créer des images qui donnent du pouvoir à ses sujets et réalise des projets sur de longues périodes, ce qui permet des représentations engagées et nuancées.

Son travail a été exposé à l’échelle internationale dans le cadre de nombreuses expositions collectives, notamment au Red Hook Labs (New York), à l’Unseen Photo Fair (Amsterdam), à la National Portrait Gallery et à la Somerset House (Londres), à l’Addis Foto Fest (Addis-Abeba), au Centre international de la photographie (New York), ainsi qu’à des foires d’art telles que 1:54 London et Paris Photo. Les travaux personnels et de commande d’Alice Mann ont été publiés dans le monde entier, notamment dans le Guardian, le New Yorker, le New York Times Magazine, Artsy, le British Journal of Photography et National Geographic.

Sa série primée, Drummies, qui explore les équipes féminines de majorettes percussionistes en Afrique du Sud, a été sélectionnée comme lauréate du prix Lensculture pour les photographes émergents (2018) et a remporté le prix PHMuseum Woman’s ‘New Generation’ pour un photographe émergent (2018). Quatre images de la série ont obtenu la première place au prestigieux prix du portrait Taylor Wessing (2018). Alice Mann a également reçu le grand prix de la 34e édition du Festival international de mode et de photographie d’Hyères (2019). Sa première exposition solo de ce travail a eu lieu à la Kunsthal de Rotterdam fin 2021, alors qu’elle publiait également sa première monographie, Drummies, chez GOST Books.

Projet

The Night is Young

En Afrique du Sud, la dernière année d’études secondaires est appelée « matric ». Pour les étudiants, le « matric ball » annuel revêt une grande importance et constitue un rite de passage très attendu. Malgré la diversité des origines culturelles et socio-économiques des étudiants sud-africains, pour eux et leurs familles, le bal est un événement très important. Les étudiants consacrent généralement beaucoup de temps et d’argent à la planification méticuleuse de leurs tenues, se faisant faire des costumes et des robes sur mesure, et passent des heures le jour même en préparation de la soirée. Les « arrivées » aux bals sont également très attendues, car c’est la première occasion de montrer leurs tenues soigneusement choisies. Dans la plupart des écoles, un tapis rouge est déroulé, les routes sont fermées et des foules de spectateurs – parents, amis et même des habitants des quartiers environnants – font la queue pour encourager les élèves qui débarquent d’une série de voitures anciennes et personnalisées.

Le motif du bal du lycée est généralement lié aux bals de fin d’année « américains », un thème qui, pour la plupart, est immédiatement reconnaissable et identifiable. Inspirée par le riche discours de l’imagerie américaine iconique, Alice Mann est intriguée par la manière dont ces idées s’expriment dans un contexte sud-africain contemporain. Alors que l’impact profond de l’Apartheid demeure, dans l’espace complexe et visiblement divisé du pays, il y a quelque chose de pur et de démocratisant dans ces occasions. Au cours de ce projet, elle a travaillé avec un certain nombre d’écoles représentant des apprenants issus de milieux très différents. Lors des nombreux bals auxquels elle a assisté, la constante est le sentiment d’énergie et de joie – ces événements témoignent de la réussite des élèves dans la réalisation de ce dernier chapitre de leur parcours au lycée et sont célébrés en conséquence. Dans un monde de plus en plus incertain, elle espère que ces images pourront servir de portrait de l’optimisme provisoire des Sud-Africains. Alice Mann souhaite que les spectateurs se souviennent de cet instant où l’on se sent au mieux de sa forme, où l’énergie est palpable et où tout semble possible.