Khashayar Javanmardi

1991, Iran
Nominé·e - Prix Elysée 2022-2024

Khashayar Javanmardi, né en 1991, est un photographe documentaire iranien. Son travail va des récits d’efforts sociaux aux portraits et aux projets sur des sujets d’auto-expérimentation.

Il a obtenu une licence en art et architecture à l’université de Guilan. Il a été diplômé en photojournalisme à la Danish Media and journalism Scool DMJX en 2020. Il a également étudié le photojournalisme à l’université des sciences appliquées et des arts de Hanovre.

Khashayar Javanmardi a reçu le Iranian Emerging Talented Photographers of the Year pendant trois années consécutives.

Il a commencé à travailler professionnellement pour la presse iranienne à l’âge de 19 ans, par l’intermédiaire de la Jam Photo Agency. Il a publié dans le New York Times, Reuters, le Washington Post, le Guardian et dans la plupart des journaux et publications iraniens.

Khashayar Javanmardi est le fondateur et le directeur du Mamaat Art Collective. Il travaille actuellement sur des projets documentaires personnels et est représenté par la Silk Road Art Gallery.

Projet

See the Caspian

Enfant, Khashayar Javanmardi comptait les jours qui le séparaient du moment où il se rendrait à la mer Caspienne pour profiter de baignades sans fin. À l’adolescence, son choix de destination pour un voyage en solo s’est immédiatement porté sur cette magnifique mer bleue. Plus tard, tous ses souvenirs romantiques se sont déroulés sur les rives de la Caspienne. Aujourd’hui, après avoir vécu des années à proximité de la mer, il se languit de son avenir et de son passé en observant sa destruction progressive et sa pollution.

La mer Caspienne, appelée mer ou lac, est la plus vaste étendue d’eau intérieure au monde. La vie de ses habitants, comme elle, devient toujours plus petite et plus pauvre. Ceux qui partent et ceux qui restent, et vivent avec leur disparition, sont tous conscients de sa destruction.

Il semble que les 5 pays qui ont une part de la mer Caspienne aient décidé de la transformer en marécage et ne montrent aucun intérêt à la conserver ou à la sauver. Une gestion inadéquate, les eaux usées, les déchets industriels et les lixiviats infectieux qui s’écoulent de ses rivières polluent à la fois l’eau de mer et les eaux souterraines. La pollution de la mer Caspienne n’a pas seulement réduit la vie aquatique, elle menace également la sécurité alimentaire de l’humanité. La pollution de la mer Caspienne est l’une des principales causes de pertes économiques dans les provinces du nord de l’Iran. Mais la mauvaise gestion en est le principal facteur. La gestion des déchets dans la mer Caspienne est au bord de la crise et menace sérieusement l’environnement maritime. Ainsi, chaque année, environ 122 000 tonnes de polluants provenant des États côtiers de la Caspienne, y compris les pollutions pétrolières, les eaux usées domestiques et industrielles, différents types de déchets et de plastiques, et les contaminants des flottes commerciales, polluent l’environnement marin et mettent en danger différentes espèces biologiques. La dégradation de l’environnement a affecté la vie des espèces biologiques et celle des pêcheurs locaux, avec une réduction de 70% du taux de pêche ces dernières années. En conséquence, les salaires, puisque ce métier est leur seule source de revenus, ont fortement diminué, et ils peinent à faire face aux coûts.

Autre point à prendre en compte : le cancer gastro-intestinal est la cause de décès la plus fréquente dans le nord de l’Iran et a scellé le sort de millions de résidents côtiers.

Maintenant que Khashayar Javanmardi vit au bord de la mer Caspienne et qu’il a la possibilité de réaliser le rêve de toute une vie, à savoir voyager le long de ses côtes, il a décidé d’enregistrer ce que lui et les gens d’ici vivent avant que lui et eux ne disparaissent tous. Il a décidé de photographier le lien entre les êtres humains et leur environnement, leur existence, leur extinction et leur interaction avec la mer. Il cherche à photographier les derniers efforts de la nature, qui tente de survivre sous la pression des êtres humains. Et il essaie de documenter la vie de ces personnes dans cette zone géographique.

Pour Khashayar Javanmardi, cette mer est comme un film photographique qui n’a pas été bien fixé lors du processus de développement et qui serait voué à disparaître. Il souhaite poursuivre et étendre son projet à long terme autour de la mer Caspienne et des 5 pays qui l’entourent, en espérant réaliser son livre intitulé See the Caspian.